Djordje Kuzmanovic, proche de Mélenchon, quitte une France insoumise « dans l’impasse »

Djordje Kuzmanovic, proche de Mélenchon, quitte une France insoumise « dans l’impasse »

Exclu de la liste de la France insoumise pour les européennes, Djordje Kuzmanovic annonce son départ d’un mouvement qu’il juge « dans l’impasse » et dont il critique la ligne et « le manque profond de démocratie ».

Par Anne-Charlotte Dusseaulx. (In Le Journal du Dimanche)

Il était en 10e position chez les hommes – non éligible donc – sur la liste des candidats France insoumise aux élections européennes. La semaine dernière, Djordje Kuzmanovic a été exclu de cette liste par le comité électoral (dont le rapport a été publié mardi ; puis il a décidé, en réaction, de quitter le mouvement politique. Il s’en explique dans une tribune publiée mercredi sur le site de l’hebdomadaire Marianne. « Un an et demi après la magnifique campagne présidentielle de 2017, la France insoumise est dans l’impasse », estime-t-il.  

Retour à mardi, quand on apprend que la France insoumise l’exclut des élections européennes : « Le comité électoral a décidé de retirer Djordje Kuzmanovic de la liste, après qu’il ait publiquement réitéré des propos considérant comme secondaires les luttes féministes et LGBT, alors qu’elles font parties intégrantes de l’Avenir en commun », écrit le parti dans son rapport sur la réunion des 24 et 25 novembre. La liste définitive doit être présentée lors de la convention des 8 et 9 décembre prochains.

Il y voit « un très mauvais signe pour les européennes »

Dans sa tribune à Marianne, Djordje Kuzmanovic – qui avait adhéré au Parti de gauche en 2009 par l’intermédiaire de Charlotte Girard, qui a finalement décidé de ne pas être tête de liste aux européennes – justifie son départ du mouvement par deux raisons :

Cette éviction n’a pas manqué de faire réagir l’intéressé, qui conseillait jusqu’à présent Jean-Luc Mélenchon sur les questions internationales et de défense – il était « orateur national » du mouvement sur ces thématiques. Sur Twitter d’abord : « La vraie raison [de son exclusion] tient sur une différence de ligne. Champagne chez les gauchistes », y écrit Djordje Kuzmanovic, qui retweete aussi des messages d’internautes déçus. « C’est très mauvais signe pour les européennes. Bonne chance avec de tels champions », complète-t-il dans un autre message, critiquant « les communautaristes adeptes de la gauche qui perd ».

  1. « L’organisation du mouvement […] se caractérise par un manque profond de démocratie » et « l’extrême concentration du pouvoir aux mains d’un petit groupe de nouveaux apparatchiks et bureaucrates, aux convictions mollement sociales-démocrates […], les décisions sont prises par cette petite nébuleuse, sans appliquer de règles (absentes) ni consulter la base (dépourvue de structure et de moyens d’expression). »
  2. « La ligne politique a beaucoup varié au gré de la conjoncture. Si la campagne présidentielle […] a été portée par la stratégie populiste, les nouveaux cadres de la FI, arrivés avec la marée du succès et majoritairement issus du militantisme gauchiste, sont vite revenus à leurs vieux réflexes, éloignant le mouvement de la majorité du peuple français. »

… La suite sur le site du JDD