Un proche de Mélenchon quitte la France insoumise et dénonce le «manque de démocratie interne»

Un proche de Mélenchon quitte la France insoumise et dénonce le «manque de démocratie interne»

Dans Le Parisien du 28 novembre 2018

Djordje Kuzmanovic, l’un des concepteurs du programme de Défense de Mélenchon, proteste également contre la ligne « qui a beaucoup varié ».

C’est un proche de Jean-Luc Mélenchon qui claque la porte. Djordje Kuzmanovic, l’un des concepteurs du programme de Défense de l’ancien candidat à la présidentielle, a annoncé mercredi quitter La France insoumise. Dans une tribune publiée dans Marianne, il regrette qu’« un an et demi après la magnifique campagne de 2017, La France insoumise (soit) dans l’impasse ».

Djordje Kuzmanovic explique qu’il s’est vu signifier en début de semaine son « exclusion de la liste des européennes », « après des mois de louvoiements et d’atermoiements ». Selon lui, cet épisode « illustre les écueils de ce mouvement en même temps qu’elle rend manifeste le conflit idéologique qui le traverse de longue date ».

« Un petit groupe de nouveaux apparatchiks »

« Dénoncée par la vaste majorité des militants et des responsables régionaux, l’organisation du mouvement se caractérise par un manque profond de démocratie », estime celui qui avait rejoint le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon en 2009.

« La forme horizontale et gazeuse du mouvement, censée reposer sur les initiatives du terrain, recouvre, comme souvent, l’extrême concentration du pouvoir aux mains d’un petit groupe de nouveaux apparatchiks et bureaucrates, aux convictions mollement sociales-démocrates, qui, parce qu’ils n’ont jamais été élus, ne peuvent pas non plus être démis de leurs fonctions », écrit-il.

Djordje Kuzmanovic regrette aussi qu’après la « stratégie populiste » qui a fait le « succès » de la campagne présidentielle, « les nouveaux cadres de la FI, arrivés avec la marée du succès et majoritairement issus du militantisme gauchiste, sont vite revenus à leurs vieux réflexes » : la nécessité d’une « gauche rassemblée », ajoute-t-il. Il a été au centre d’une controverse à gauche en septembre, lorsqu’il avait plaidé le nécessaire « assèchement des flux migratoires ».